Pint Of Science arrose vos soirées du 20 au 22 Mai (près de chez vous et dans le monde entier…)

L’histoire prend sa source en 2013, quand 2 chercheurs londoniens souhaitent sortir la science des labos et trouver un lieu informel de partage des connaissances. Un pub ! Voilà un lieu où trouver du public, mais sera-t-il enclin à écouter des scientifiques et échanger avec eux ? 6 ans plus tard, la question ne se pose plus tant le succès dépasse l’imaginaire des initiateurs de ce festival insolite nommé Pint Of Science : de 3 villes en Angleterre en 2013, la cuvée 2019 fera mousser les soirées de plus de 400 villes du monde entier, réparties dans 24 pays ! En France, 53 villes sont concernées. Le magazine Sciences et Avenir a d’ailleurs qualifié le festival de « mondialement local » : c’est exactement cela, les scientifiques débarquent près de chez vous, en espérant que vous trouverez un bar pas trop loin de chez vous pour participer à ce moment associant science et convivialité.

A quoi ressemble une soirée PintOfScience ? Deux ou trois scientifiques se relaient pour vous parler de leur sujet d’étude de façon abordable, pendant que vous sirotez une bière entre amis! On peut poser des questions, débattre, ou juste prendre l’apéro : aussi simple que cela, pour la modique somme de 2 euros !

Pour ma part, j’ai assisté à une soirée sur « les aventuriers des sciences » lors de la précédente édition. Le public, d’abord concentré sur ses tapas et sa bière, finit par boire les paroles des scientifiques. L’éminente océanographe géochimiste Catherine Jeandel nous a d’entrée embarqués dans ses campagnes de relevés en mer. En tant que témoin des conséquences du réchauffement climatique, elle considère à juste titre qu’interpeller le grand public sur les questions du climat relève de la nécessité, et elle s’en charge avec brio.  Puis Clotilde Dubois nous a transportés en Antarctique, qui « garde dans ses couches de glace l’histoire du climat comme les pages d’un livre d’histoire ». Enfin, notre dernier voyage nous a menés en Amazonie en compagnie de Jérôme Murienne, nous faisant prendre conscience de l’incroyable biodiversité qu’il reste encore à découvrir en Amazonie, en dépit de la déforestation.

Et c’est aussi pour cela que ces soirées sont si importantes : on en ressort imprégnés de l’histoire et des connaissances des intervenants, transformés pour l’occasion en passeurs de sciences. Leurs témoignages, leurs découvertes et leurs pérégrinations deviennent nôtres : comme on recommanderait un bon film, on se surprend à vanter les mérites de cet étonnant festival et de tout ce qu’on y a appris. On n’est plus dans le « j’ai lu » ou « j’ai entendu que ». Non, on a rencontré un témoin, de ceux qui ont des preuves. Mieux qu’un documentaire TV, un échange se crée avec l’intervenant. Le tout dans une ambiance informelle autour d’une bonne bière. Que demander de plus ?

Un constat : le festival cartonne, comme l’atteste l’ascension fulgurante du nombre de villes et de pays participant. Les clés du succès ? A mon avis :

  • Le lieu: un bar ! Simplissime concept, diablement efficace : on se sent à l’aise, décontracté, même si le sujet traité est pointu. Jamais je n’aurais écouté ces 3 intervenants dans un autre contexte, de même pour les personnes m’ayant accompagnée.
  • Des intervenants de qualité et ayant à cœur de partager leurs connaissances avec le public.
  • Un prix imbattable de 2€, accessible au plus grand nombre.
  • La possibilité d’échanger après la présentation avec le scientifique, en posant des questions ou en allant le voir après les interventions de chacun.
  • Une soif de connaissance, à l’ère de la désinformation, en direct avec les représentants de la science « en train de se faire ».

Alors on ne peut que remercier Elodie Chabrol*, une pétillante neuroscientifique française expatriée à Londres en 2013 et coordinatrice des premiers évènements, d’avoir ainsi réussi la multiplication des « pints » en tant que directrice internationale du festival. Une lourde tâche dans laquelle on lui souhaite tout autant de succès pour les prochaines éditions ! Merci aussi aux bénévoles, sans lesquels le festival ne pourrait exister. Quant à moi, le menu 2019 se composera de la gestion des ressources, enjeu majeur du XXIème siècle… et d’une bière bien sûr ! Dépêchez-vous, il reste encore quelques places…

*Retrouvez Elodie Chabrol sur le blog de ma collègue Morgane dans une interview ici.

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