Histoires d’os au MNHN (Paris)

Aujourd’hui ouvre dans la capitale l’exposition « un T-Rex à Paris », avec la présence en guest-star d’un véritable squelette de la bête au Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN). Cela me rappelle que la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée que j’ai eu la chance de visiter dernièrement mérite largement le détour. Retour sur ce voyage de quelques millions d’années.

Le regard est immédiatement happé par le troupeau de squelettes tout en longueur, avec à sa tête, un écorché d’homme, mammifère parmi d’autres. Immersion totale au milieu de l’univers du vivant, dont il ne reste que les os. Bienvenue à la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée du MNHN.

Il y a la collection, spectaculaire, de 650 squelettes du plus petit au rorqual de 20m de long. Mais il y a surtout l’ambiance. Un voyage dans le temps au centre d’une galerie historique où l’on s’attend à croiser un vieux scientifique à moustaches avec dans ses mains une créature dans un bocal de formol. On imagine le travail des biologistes depuis des siècles pour faire le lien entre les espèces. Entre les espaces aussi puisque l’évolution est intimement liée aux milieux de vie.

Le petit bonus de cette première galerie- t’es content de pas avoir trop mangé avant- , c’est la série d’organes. Miam les cerveaux humains. Passé le haut-le-cœur, on voit bien que celui du babouin  y ressemble pas mal. Ah tiens, des « monstres doubles » en flacon (selon la légende).

Au carrefour de l’histoire et des sciences, qu’on apprécie l’architecture du bâtiment ou celle des squelettes, qu’on soit plutôt terre ou mer, on ne peut pas rester insensible à ce temple de l’évolution inauguré en 1898, 16 ans après la mort de Darwin. Celui-ci s’est d’ailleurs largement appuyé sur l’anatomie comparée pour affiner sa célèbre théorie.

La visite continue à l’étage vers la non moins spectaculaire galerie de paléontologie. Encore des squelettes de compèt’, épatant les adultes mais aussi les plus jeunes visiteurs, impressionnés par la découverte de leurs dinosaures préférés en taille réelle ! Evidemment, à moins d’être spécialiste, de la mezzanine des invertébrés vous retiendrez plus la vue sur les squelettes des dinosaures que la vitrine des gastéropodes. Qu’importe, ce serait dommage de s’en priver.

Loin d’être les seuls à dater, les os font concurrence au bâtiment qui souffre un peu, et si on manquait un peu de repères, on pourrait penser qu’au dernier coup de peinture, le diplodocus vivait encore . A vrai dire, le côté décrépi du lieu contribue à son charme et à l’ambiance complètement hors du temps.

Un sacré décor pour les personnes y travaillant. Imaginez l’équipe d’entretien : « Hep, Jeanine, retourne dans la gueule de la baleine, elle a un peu de poussière entre les fanons » « Roger, t’as lavé les dents du t-rex ce matin ? T’as pas oublié de frotter entre les orteils du mammouth ?».  Bref, cette galerie et l’expo qui s’ouvre aujourd’hui sur un T-rex de 67 millions d’années constituent deux excellentes raisons de filer de ce pas au MNHN, surtout si vous êtes des aficionad’os.

Expo « Un T-rex à Paris », du 6 Juin au 2 septembre 2018

 

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