« Dans la combi de Thomas Pesquet », la BD qui montre presque tout

C’est l’histoire d’un gosse qui rêvait d’aller dans l’espace. Un gamin fan de basket inspiré par Michael Jordan, le prodige des Chicago Bulls, et sa célèbre citation : « le matin, t’as deux choix : soit tu te recouches pour continuer à rêver, soit tu te lèves et tu réalises tes rêves ». Alors, brillant sur tous les fronts, le petit Thomas s’est levé…et surtout s’est donné les moyens d’aller au bout de son rêve.

Marion Montaigne a suivi Thomas Pesquet sur plusieurs entrainements pendant 2 ans et raconte avec beaucoup d’humour dans sa BD « Dans la Combi de Thomas Pesquet » son parcours sans faille mais non sans embûches. En effet, que de chemin parcouru depuis les sadiques tests de sélection pour devenir astronaute (8413 candidats), la préparation technique, physique, mentale sur plusieurs continents, les cours intensifs de russe dans la ville la plus glauque de l’Allemagne, l’interminable attente d’affectation, l’émotion du départ, la vie dans la station internationale jusqu’à son retour sur Terre le 2 Juin 2017… Neuf ans d’aventure en tout. Tour à tour héros, fayot qui énerve par son insolente aisance ou sa musculature impeccable, gendre idéal (mais très absent…) : l’auteure n’hésite pas à descendre Thomas Pesquet de son piédestal pour parler coloscopie (en allemand avec traductrice youhouuuu) ou caca dans l’espace.

On pourrait d’ailleurs résumer la BD par cet objectif : démystifier le job de l’astronaute starifié, filmé et interviewé par monts et par vaux, omniprésent sur les réseaux sociaux pour partager son quotidien hors du commun. Qui a surtout énormément travaillé, et minutieusement tout préparé, même les situations les plus improbables comme un atterrissage raté au milieu de l’océan. Marion Montaigne n’occulte pas la part du travail ni les extraordinaires capacités aussi bien intellectuelles que physiques et humaines de son sujet. Mais en revenant à son quotidien elle en ferait presque un « man next door » auquel on peut tous s’identifier. Et au détour de situations improbables, de personnages hauts en couleurs et de décors bien trouvés, on se marre vraiment !

La mission des astronautes est également démystifiée : non, Thomas Pesquet n’a pas fait que des jolies photos, des interviews et du saxophone dans l’espace. Bien sûr, on n’en est plus au temps des premiers astronautes pionniers dont on ignorait même si le système digestif allait fonctionner…s’ils arrivaient jusqu’à la station internationale. Le travail dans l’espace aujourd’hui, c’est 50% de maintenance et 50% de recherche dans des domaines très variés. A ceci s’ajoutent 2h de sport quotidiennes pour contrer les effets de l’impesanteur. Le reste, du temps libre mais dans un espace qui ne l’est pas, ultra-confiné et avec ses collègues 24h/24h. On est loin du club Med…Sans même parler de la prise de risque.

Dans son ouvrage, Marion Montaigne n’oublie pas non plus de nous livrer de belles séquences de vulgarisation (la démo du Soyouz avec un poivrier au repas de famille, une merveille !!). Le résultat de cet ouvrage : une bande dessinée accessible au grand public, fan de spatial ou non, dont les 200 pages se dévorent d’une traite. 5, 4, 3, 2, 1, enfilez vos combis (de nuit) et bonne lecture !

 

Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne, éditions Dargaud, 24/11/2017 (22.50€)

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*