A l’avant-première du Monde de Jamy

Jamy et sa légendaire émission « c’est pas sorcier » a bercé un bon paquet de mes dimanches matin de jeune ado, accompagné en duplex de son acolyte indissociable de l’époque, Fred ! Alors autant vous dire que j’ai trépigné comme une gosse en attendant de pénétrer dans l’enceinte de la Cité de l’Espace, hyper enthousiaste à l’idée d’assister à l’avant-première du nouvel épisode du « Monde de Jamy ». Bien sûr, l’émission allait passer à la télé, mais avec l’ambiance, le grand écran IMAX de la cité, et la discussion qui s’en suit avec de prestigieux invités dont un astronaute, ça prend toute suite une autre dimension.

A la diffusion du documentaire, la salle a suspendu son souffle en découvrant l’avion Air Zéro G lancé à 800km/h dans les airs et incliné à 47°, encore plus peut-être lors de la descente en piqué de l’appareil. A vrai dire, on en avait presque la nausée entre la trajectoire de l’avion et les réactions des passagers. On a ri, en entendant Thomas Pesquet chanter « poulette je te plumerai » lors de son stage de survie en Sardaigne. On a tremblé en découvrant les images de Luca Parminato, l’astronaute italien, au bord de la noyade dans son casque en plein sortie extra-véhiculaire. On a ri encore (et plusieurs fois !) avec Eglantine Eméyé, engoncée dans son scaphandre de 180kg et lâchant « c’est un cauchemar » devant un Thomas Pesquet narquois. Et on a eu les larmes aux yeux devant les images de l’équipe d’Insight au moment de la délicate pose du sismomètre sur le sol rouge de Mars, couronnant ainsi des années de travail.

Enfin, on a applaudi Jamy et son équipe pour ce superbe film sur l’espace. Magnifiques images, explications claires (on regrette presque les bricolages vintage de « c’est pas sorcier », ayant fait place aux images en 3D !), intervenants de qualité, accès à des lieux habituellement fermés au public comme le centre des astronautes de Cologne : on imagine -sans doute pas assez- le travail derrière ce documentaire réussi.

Suite à la projection du film, une discussion s’ouvre entre le public et les intervenants suivants : Jamy bien sûr mais aussi l’astronaute Philippe Perrin, l’astrophysicien Sylvestre Maurice, Sébastien Rouquette, chef de projet vols paraboliques au CNES et Christophe Chaffardon, directeur éducation et médiation scientifique à la cité de l’espace.

Philippe Perrin souligne les « mots justes » de Jamy et d’Eglantine pour décrire leur expérience d’impesanteur si difficile à décrire, en notant l’absence des sensations. Tous les intervenants félicitent Jamy pour son film, et pour lui, j’imagine la satisfaction d’être félicité par des spécialistes même si ce n’est pas la cible du documentaire. A une fillette qui lui demande ce qui l’a le plus marqué durant le tournage, l’intéressé répond sans hésiter : la rencontre avec Thomas Pesquet, « incarnation du héros ». Et Sébastien Rouquette, témoin de leur première rencontre, de raconter la scène : Jamy comme un gamin qui rencontre son idole 😊, incapable d’aligner deux mots pendant d’interminables secondes.

Un spectateur souhaite des arguments pour répondre aux éternels sceptiques qui se demandent pourquoi on va dans l’espace, au prix que cela coûte. « On explore l’espace parce que l’espace est là » lui répond Sylvestre Maurice, mais aussi pour « prendre du recul ». On développe des compétences et des savoirs faire collectifs : plusieurs centaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour rendre l’exploration lunaire possible, dans un élan pacifiste. On développe des connaissances sur le corps humain, sur le vieillissement par exemple.

Cette discussion aurait pu durer des heures bien entendu, on pourrait ajouter 1000 arguments et la conquête spatiale pourra toujours faire irruption inopinément dans les repas de famille, en mode « on est fichus d’aller sur la Lune mais on n’est toujours pas capables de : faire partir un train à l’heure/ soigner telle maladie/ nettoyer telle rue un dimanche … », réponse au choix… Bref, ce documentaire a le mérite d’expliquer simplement ce que l’homme a déjà réalisé en matière de spatial, les difficultés des missions qui ne s’apparentent en rien à club de vacances, ce qui l’attend, et finalement l’humilité qui doit être la nôtre devant l’univers dont nous ne connaissons qu’une infime partie. Faire rêver aussi, en se mettant dans la peau d’un spationaute à 21h ce lundi soir.

PS : Vous retrouverez mon billet sur l’émission ici , et une excellente interview de Thomas Pesquet dans Le Parisien du 15/04/2019 !

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Une réponse à “A l’avant-première du Monde de Jamy”

  1. Pingback : Le Monde de Jamy: sensations spatiales en prime time - Science InFusée

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